CHAMPIEUX

Vit et travaille dans l'Hérault

LE POLLEN DU REEL 

Les toiles de CHAMPIEUX vous happent doucement mais sûrement. Ne parlez pas, retenez-vous. Parler dans l’immédiat, serait trop anecdotique d’autant plus que vous voilà confronté à des œuvres qui ont voulu capter un moment de tension, un moment de brisure, une émotion forte. Sans doute un moment de la vie qui vient d’imposer un mouvement, une harmonie et une contrainte.

C’est comme si le peintre vous invitait alors à poursuivre avec lui sa lente course vers le dépouillement, vers la transparence d’un corps, d’un lieu, d’un paysage.

L’équilibre est atteint mais peut-être près de se modifier librement hors du cadre.    
Nul romantisme, ici. Mais une lucidité des plus fécondes qui vous invite à écarter les vaines ressemblances ou représentations pour prendre part à ce pollen du réel qui porte ce grand désir de durer. Il nous faut goûter cette peinture du désir autant que du désir de peinture.

Loin du chaos et de la confusion des signes en abondance qui perdent le regard, le peintre joue avec l’espace, avec des espaces dans l’espace qui vont correspondre avec la grande fluidité d’un monde qui se déplace, qui s’efface et se reconstruit en laissant des traces. Le grand vide et son vertige laissent place à des couleurs sans effet recherché mais dans une parfaite  gamme musicale. Seuls comptent la justesse, la lumière et l’espace pur.

Pensons à KLEE :
« L’art ne reproduit pas le visible ; il rend visible ». René TRUSSES juillet 2015.