SARDA

Vit et travaille dans l'Aude

…Caminante, no hay camino, se hace el camino al andar…
(Antonio Machado)

Née et élevée au soleil et à la mer, j’y puise depuis toujours, ma matière première et mon inspiration.
Au tout début, donc, les rivages. J’aime arpenter ces territoires flous, ni eau ni terre, qui n’appartiennent à personne et sont inaliénables. Puis, comme une évidence, la collecte. Glaner, inlassablement, ce que la mer abandonne à la plage. Ramasser, ces bois flottés sculptés par le temps et les éléments, qui portent en eux l’histoire de l’arbre et l’histoire de la traversée. Riches de tant de choses à raconter.

… Les choses ont une vie bien à elles, il faut réveiller leur âme, toute la question est là …
(100 ans de solitude, Garcia Marquez).

En 2004, ces bois morts et flottés, travaillés par le temps, deviennent personnages, expressions d’un autre monde, d’une autre histoire. A partir de cette matière brute, cherchant la plus simple représentation possible de l’être humain, je m’approprie cette formidable aptitude de notre cerveau à la paréidolie, pour créer « le petit peuple.

Je ne savais pas encore qu’il allait m’emporter dans un Infini Voyage…

Installé en foule, ce petit peuple suggère avec force, notre humanité en marche. Il nous parle de voyages sans retour, de notre place dans l’univers, autrement, sans discours ni trompettes, sans leçon, sans morale, sans jugement, sans paroles, sans date, ni localisation, ni référence. En réveillant tous les imaginaires. En touchant au cœur le regardeur.

Au fil du temps, d’expositions en lieux d’accueil, ce petit peuple a pris vie, il m’a poussé de l’avant, toujours plus loin… Depuis, je creuse sans relâche cette veine créatrice, j’avance toujours et encore dans cet Infini voyage, j’explore les infinies possibilités d’expression à ma disposition.

Grâce à l’éclectisme de mon parcours, le petit peuple a pu se développer dans une grande diversité de médiums. Ce travail, commencé en 2004 et toujours inachevé, se décline maintenant sous différentes formes plastiques. Du bois flotté au dessin à l’encre, sur tige ou en suspension, en impression photo sur toile ou sur flag, en tableaux, en mobiles ou stabiles, en alphabet, en livre, en court métrage… Toutes ces formes dialoguent, se répondent, se font écho, dans une troublante mise en abime. Chaque scénographie est unique car elle met en résonnance, l’histoire du petit peuple avec l’histoire, la géographie, la cosmogonie du lieu d’accueil. Toutes mes installations sont pensées et crées en fonction des lieux. J’aime « prendre », sentir, écouter ce que l’environnement m’inspire, et lui laisser m’imposer l’acte.