RAVIOT Alain

Vit et travaille dans l'Aude

A propos de mes créations nouvelles

Une nécessité nouvelle,sans renier mes longues années de peinture et de sculpture s’est imposée à moi pour prendre un peu de distance avec mes habitudes en évoluant vers une expression capable d’approcher une exigence de beauté plastique autre .

Après avoir emprunté à l’abstraction lyrique pendant plusieurs décennies pour la peinture et en sculpture travaillé bois,marbre ,matériaux nobles en taille directe,puis consacré au bronze,ce métal (alliage de cuivre et d’étain) « sacralisé ». par les sculpteurs autant que par les amateurs d’art, j’ai compris qu’en faisant des assemblages je revivifiais en moi une authenticité dont l’artiste est comptable sans quoi sa quête de beauté se dilue dans une fade fiction décorative.Ces assemblages me poussent à un autre regard sur ce que m’offre ma démarche artistique. J’ai misé sur une autre matière,celle de l’inutile,du déclassé(débris,déchets…. ). L’objet créé prend de l’épaisseur, une charge émotionnelle singulière grâce à de multiples variations esthétiques possibles et des combinaisons insoupçonnables dont l’art se nourrit. Désormais ma tâche me fait plus libre mais les contraintes dûes à l’hétérogénéité des matériaux et au rejet qu’ils inspirent sont inévitables.

Cette recherche a un intérêt certain puisqu’elle prend en compte ce que je nommerai tel que que j’en fais l’expérience « le mauvais goût du beau ».. ( les personnages boursoufflés de Botero,les nanas de Niky de saint Phalle,les exécutions façon Goya,les viandes de Soutine,etc… etc…ces oeuvres seraient-elles de mauvais goût ?).

Le bon goût n’est pas condamnable en soi. Il risque de rendre l’artiste indolent. Qu’on se rappelle l’électro-choc du « fauvisme ». Les Matisse,Derain;Braque. Louis Vauxcelles a voulu les démolir en les traitant de « fauves » !!

Paradoxalement,au départ mes références furent poétique et philosophique avec F. PONGE « le Parti pris des choses »et G. BACHELARD « L’imagination de la matière ». Je me sens avant tout un adepte de la matière ,de la substance et de surcroît, de l’objet et particulièrement du débris,du déclassé. Ce qui pose mon art depuis une quinzaine d’années trouve un parfait écho chez Bachelard « Au fond de la matière pousse une végétation obscure... » Aussi bien que chez Baudrillard « C’est l’objet qui fait tout le travail,c’est l’objet qui nous voit,c’est l’objet qui nous rêve… » ou bien encore J. Lusseyran « Moi,je savais que les objets font des signes… »Du côté des plasticiens je me suis imprégné de Fautrier,Rauschenberg,Rebeyrolle et surtout Tapiès.

Dernières oeuvres en date (hiver 2019) 4 suspensions dédiées à l’univers du « fil » fil seul,fil tissé,fil de fer… indispensable comme celui d’Ariane pour sortir Thésée du labyrinthe. Le fil qui montre la voie de la Liberté mais aussi celui qui entrave. Deux opposés du lien. Celui qui ouvre au monde et l’autre qui l’en exclut. Tout cela fait signe,fait sens et saisit la mémoire jusqu’à la substance de la vie, dans l’immanente matière. Alain Raviot